Une réinterprétation poétique d'une légende millénaire Le livre puise sa source dans la légende de la cité maudite d’Herbauges, engloutie au IVe siècle par les eaux du lac de Grand-Lieu. Milène Tournier s'empare de la figure de la « femme de Romain », condamnée à devenir pierre pour s'être retournée vers la ville en train de sombrer, malgré l'interdiction divine. À travers elle, l'autrice explore le geste du regard en arrière, celui qui transforme et fige. Le mouvement interdit : l'obsession du « se retourner » L'ouvrage est une méditation profonde sur la volte-face. L'autrice tisse des liens entre le destin de la Femme d’Herbauges et d'autres figures célèbres comme Orphée et Eurydice. Elle interroge ce besoin humain de « revoir, revenir, recommencer ». De la nuque qui se vrille aux boomerangs, du retour chariot des machines à écrire au mouvement des tracteurs dans les champs, Milène Tournier traque la poésie du contre-mouvement. Un ancrage territorial fort Écrit dans le cadre d'une résidence d'auteur à Saint-Aignan-de-Grand-Lieu, le livre est intimement lié à la Loire-Atlantique. Il rend hommage au paysage mouvant du lac de Grand-Lieu, où l'eau dicte sa loi et force les promeneurs à reculer, imposant elle-même une forme naturelle de volte-face. Une écriture fragmentée et sensorielle Fidèle à son style de poétesse et dramaturge, Milène Tournier propose une écriture très visuelle, évoquant ses célèbres vidéo-poèmes. Le texte oscille entre récit légendaire, souvenirs d’enfance et observations du quotidien, créant une oeuvre hybride où chaque page est un nouveau départ.