Au cœur de Fès, à cet âge charnière entre l’enfance et
l’adolescence, le narrateur nous immerge dans l’univers
clos du hammam, lieu de l’éveil. La présence de l’eau, du
mouvement, des parfums, des jeux de lumière, des lignes
des corps, des bruissements, le fascinent et le submergent
dans l’évocation de plaisirs érotiques le renvoyant à tout
l’imaginaire de l’orientalisme pictural et littéraire. Dans
ce lieu à part, hors de la société, il s’approprie son corps et
s’autorise le trouble et l’émoi que suscite la vision d’un jeune
homme, Ismaël, s’interrogeant sur cette frontière si ténue,
invisible, entre les règles et la puissance du désir.
Dans un style lyrique et sensuel, où l’eau est une mémoire
réfléchissante, ce roman conte avec force et spiritualité
l’éveil à la volupté et à cette attirance masculine.