Les représentations du réel de chaque communauté linguistique sont structurées par la langue, elle-m?me conditionnée par la culture. Des locuteurs de langues différentes n'ont donc pas, du m?me réel, des représentations convergentes. Donc, dans l'absolu, le réel n'existe pas vraiment, en soi ; il est construit, non pas de mani?re fortuite, mais en adéquation avec le vaste syst?me de structures, spécifiques ? chaque langue, par lesquelles les usagers communiquent et se représentent le réel et dans lesquelles ils impriment ces représentations. De ce point de vue, une langue ne constitue donc pas une simple nomenclature. Elle est indissociablement liée ? des représentations, largement façonnées par la culture, qu'elle impose ? ses usagers. Pratiquer une m?me langue ? l'intérieur d'une communauté linguistique donnée, c'est donc, avoir en partage, avec les individus composant cette communauté, les m?mes représentations. C'est, en définitive, se sentir appartenir culturellement ? cette communauté. Or, le sentiment d'appartenance culturelle implique une identification personnelle par référence ? cette m?me communauté, fondant ainsi l'identité individuelle.