Qui lève encore la tête pour regarder autour de soi ?
Les contraintes du quotidien comme les sollicitations des écrans occultent trop souvent le spectacle du monde, dont notre indifférence n’empêche pourtant pas l’incessante et profuse éclosion. Est-il alors possible de recouvrer notre souveraineté attentionnelle, en ôtant ces œillères pour instaurer un lien sensible à ce qui nous entoure ?
L’expérience esthésique, domaine des sensations vécues dans la réception de l’art comme dans le rapport à la réalité ordinaire, ouvre à une telle vision alternative par la contemplation. Reposant sur le simple plaisir de sentir, contempler demande toutefois de s’affranchir des habitudes profondément enracinées d’interprétation permanente de notre environnement, afin d’apprendre à voir autrement.
Centré sur le visuel, cet essai délimite l’espace où se déploie cette perception libératrice, et en définit les conditions d’accès. L’objectif ? : se mettre au diapason du flux du devenir, en accueillant la présence toujours renouvelée de ce qui apparaît sous nos yeux – et en jouir sans entraves.